(Photo Sextett, Espace Go)
J’aime beaucoup aller au théâtre. Je suis toujours à la recherche d’une bonne pièce. Quand j'ai lu que la pièce Sextett, à l’Espace Go, se présentait comme une «comédie érotique déjantée à langage explicite», classée 18 ans et plus, je me suis dit que ça valait certainement la peine d’aller voir de quoi il s'agissait.
D’autant plus que la promotion médiatique autour de Sextett était difficile à manquer : entrevue à Christiane Charette à Radio-Canada, manchette du journal Voir, plusieurs articles dans La Presse, etc.
La pièce, signée Remi de Vos, a été présentée à Paris et met en vedette, entre autres, Anne-Marie Cadieux et Maria de Medeiros, actrice portugaise qu’on a pu voir dans Pulp Fiction. Des médias en France ont d’ailleurs encensé la pièce.
Quand j’ai dit à mon amoureux qu'on allait voir une pièce érotique, il n’en fallait pas plus pour éveiller sa curiosité.
On arrive donc dans la salle, bondée de monde. La majorité des gens avait entre 20 et 40 ans, ce qui est beaucoup plus jeune que la moyenne générale au théâtre. La pièce dure 1h15, sans entracte.
On s’attendait à voir un minimum d’érotisme…. Quelle déception !
Il n’y avait absolument rien, mais vraiment rien, pour qualifier la pièce d’érotique et encore moins pour la classer 18 ans et plus. Ça ne valait même pas un 13 ans et plus !
Rapidement, l’histoire : Simon revient des funérailles de sa mère. Sa collègue, Claire, est attirée par lui, une des ses voisines lesbiennes veut coucher avec lui, une femme complètement refaite à la chirurgie esthétique, avec d’énormes seins, lui demande constamment « quand est-ce qu’on baise ?», et une chienne personnifiée par une femme, (avec masque de chien) se donne à une genre de scène de zoophilie avec Simon (moment étrange d’ailleurs).
Côté humour, on rit à quelques reprises. L'histoire ? On ne la suit pas vraiment. On nage dans l'absurde. Dans une atmosphère où on a voulu mêler homosexualité, désir, zoophilie, mort, transsexuels, avec des chansons en allemand, arabe et italien.
Les seules références sexuelles dans la pièce sont des paroles banales du genre: «On baise» ou «fais-moi l’amour», et une évocation à la zoophilie. On est donc très loin de la comédie érotique!
Bref, le résultat n’est pas très réussi. Lors des applaudissements à la fin, personne ne s’est levé, même si les acteurs sont revenus saluer le public à trois ou quatre reprises. Malaise.
Clairement, on a voulu utiliser le sexe dans la promo pour attirer le public. Et ça a marché. Le public a été intrigué et les billets se sont vendus. Moi aussi je me suis fait prendre, en me disant que ce n’est pas tous les jours qu’on peut aller voir une pièce qui se dit érotique. Mais on sort de là en se disant: «je me suis fait avoir».
Et c’est surtout ça qui m’a énervée !
Mon chum aussi a été déçu. Alors pour rattraper le tout, (la soirée était encore jeune !) je me suis dit que j’allais faire le contraire. Trouver un film qui n’avait pas profité d’une grosse machine médiatique et d’une méga promotion, mais qui s’avèrerait drôle et érotique.
Et j’ai trouvé le film parfait à louer: Young people fucking. Un film canadien, produit à Toronto, sorti en 2008.
Je l’avais vu au cinéma (mais copain ne l’avait pas vu) et je souviens de m'être dit : «Bon, ils mettent un tel titre pour attirer le public». Peut-être. Sûrement. N'empêche que j’avais été agréablement surprise : le film est drôle, original, punché, et on aborde la sexualité de façon intéressante à travers plusieurs couples. On passe un bon moment et c’est l’essentiel ! Surtout pour rattraper une pièce manquée !
Voici deux extraits du films: