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29/04/2010

Les confidences d'une femme-fontaine

Orgasme Une femme qui éjacule. Quel homme n’a pas rêvé d’en connaître une? Quelle femme n’a pas été curieuse de savoir quelle sensation cela devait être?

Christine (nom fictif), avait 23 ans lorsqu’elle a découvert qu’elle pouvait éjaculer.

«La première fois que ça m'est arrivé, c'était lors d'une relation sexuelle avec mon conjoint. J'étais sur le dessus, on faisait pas mal la même chose que d'habitude, mais je ne sais pas trop pourquoi, cette fois-là, j'étais vraiment dans le feu de l'action et je sentais que j'étais très, très, très mouillée. Au lieu de m'en inquiéter, j'ai continué à vivre ce plaisir», raconte celle qui est aujourd’hui âgée de 30 ans.


C'est seulement une fois la relation terminée que son conjoint lui a fait remarquer qu’elle lui avait éjaculé dessus. « Je me suis retirée et effectivement, mon conjoint était trempé! »

Elle était en couple depuis trois ans et ça ne lui était jamais arrivé auparavant.


Toutes des femmes-fontaines?

C’est au 17e siècle que la science reconnait pour la première fois l’éjaculation féminine, avec le médecin hollandais, Regnier de Graaf.

Pour plusieurs sexologues, les femmes peuvent toutes devenir des femmes-fontaines. Selon Deborah Sundahl, journaliste et féministe américaine, auteure de Tout savoir sur le point G et l’éjaculation féminine (Tabou Édition, 2005), toutes les femmes sont des femmes-fontaines, mais l’ignorent.

Pourtant, elles sont une minorité à connaitre l’éjaculation féminine, soit 6 à 36%, selon les études. Une fourchette assez large, car cela inclut les femmes qui ne vivent qu’une seule fois l’expérience, rappelle le magazine français Psychologie:

«Être une femme-fontaine n’est pas une nature définitive. Certaines le découvrent dès le premier rapport sexuel, d’autres bien plus tard. Chez l’une, l’expulsion sera systématique ; chez l’autre, occasionnelle».

Le liquide provient des glandes situées le long de l’urètre, canal évacuateur de la vessie. Selon la sexologue Pascale Robitaille, certaines femmes parviennent à l'éjaculation par simple stimulation clitoridienne.

Mais pour beaucoup d'entre elles, il faut stimuler le point G. «Ce dernier se trouverait à environ deux centimètres à l'intérieur du vagin sur la face avant ou vers le haut si l'on est étendue sur le dos, explique la sexologue. Il peut être un peu plus rugueux au toucher et peut se bomber lors de l'excitation.»

Agréable surprise

La découverte faite par hasard par Christine fut des plus agréables. «J'étais un peu surprise. Mais j'étais aussi enchantée! J'avais déjà lu sur les femmes-fontaines auparavant, je savais que cela existait et j'étais curieuse de savoir si je pouvais moi aussi éjaculer (j'avais déjà essayé de le faire par masturbation auparavant, mais sans succès). Donc, quand c'est arrivé avec mon conjoint, j'ai pensé: "Cool! Je peux le faire! Et c'était le fun!»

Elle a revécu l’expérience une ou deux fois par la suite, avec le même conjoint. Puis, plus rien pendant des années. «Je suis ensuite sortie avec un homme pendant un an, avec qui ça arrivait pratiquement à chaque fois que nous avions une relation sexuelle», poursuit-elle.

Elle précise qu’elle ne parvient pas à éjaculer en se masturbant. «Dans mon cas, ça prend absolument une relation sexuelle avec pénétration.»

Orgasmes plus intenses?

Pour certaines femmes, l’éjaculation serait l’orgasme le plus intense qui soit. Mais il ne semble pas y avoir de règles.

«Je peux avoir des orgasmes (et même des très gros) sans éjaculer. Il m'est aussi arrivée d'éjaculer en n'ayant qu'un "petit" orgasme. C'est très imprévisible et un peu mystérieux», souligne Christine.

« Est-ce qu'à cause de cela j'ai plus de plaisir au lit? Ou est-ce que cela m'arrive parce que j'ai plus de plaisir au lit? C'est un peu l’histoire de l'œuf ou la poule », avance-t-elle.

Dans son livre, L’orgasme sans tabou, la sexologue américaine Linda Lou Paget, souligne l’importance de se laisser aller et d’être à l’aise avec son partenaire. «La chose se produit lorsqu’une femme se sent sécurisée et libérée avec un homme, quand elle est certaine que ce phénomène ne provoquera aucune gêne chez lui».

Pas comme dans les films pornos

«Pour moi, être une femme-fontaine n'a rien à voir avec ce qu’on voit dans les films pornos. Il n'y a pas de gros jet qui sort partout et qui mouille tout aux alentours. C'est beaucoup, beaucoup plus discret», poursuit Christine.

Ses partenaires ne s’en rendent donc pas vraiment compte. Ils croient tout simplement qu’elle est très mouillée. «Une fois que c'est terminé, ils remarquent la flaque, et je leur explique que je suis une femme-fontaine.»

La réaction des hommes

«Ils sont toujours intéressés et excités, c'est comme s'ils se disaient "Wow, j'ai bien fait la job: je l'ai tellement excitée qu'elle a mouillé à ce point-là!" Beaucoup savent que ça existe ou en ont vu dans les films pornos, mais n'ont jamais rencontré une fille qui puisse le faire. Ils sont donc contents de vivre l'expérience et posent des questions sur comment ça marche et comment faire pour que ça arrive de nouveau», confie Christine.

Pierre 30 ans, est sorti quelques années avec une femme-fontaine. Et il a adoré ça, même s’il fut surpris au début.

«Elle ne m'avait pas vraiment prévenu et je dois avouer que j'étais un peu en choc... Il faut dire que je ne connaissais pas vraiment le phénomène. Alors, honnêtement, je me demandais ce qui venait de se passer», dit-il.

À chaque fois, ils devaient mettre une couverture de protection sous les draps. « On ne pouvait  pas s'en passer!  Et il fallait l'enlever pour pouvoir dormir, sinon c'était une vraie piscine... Disons qu'il fallait faire le lavage plus souvent », mentionne-t-il.

«Quand une grande quantité de liquide sort, ça fait l'équivalent d'une grosse flaque d'eau. Ça m'est effectivement arrivée de faire l'amour sur la douillette sans l'enlever et de me rendre compte plus tard que la flaque avait traversé la douillette et les draps jusqu'au piqué... ce qui donna lieu à une grosse brassée de lavage! Mais parfois, la quantité de liquide est minime», ajoute Christine.

Après avoir connu une femme-fontaine, la sexualité devient-elle décevante ou banale ensuite avec les autres femmes ?

«La réponse est oui», lance Pierre, car le phénomène lui manque. «J'essaie toujours de reproduire avec mes autres copines ce qui permettait à mon ex d'en arriver là. Sans succès, évidemment...»

6 conseils d'une femme-fontaine:

En se basant sur sa propre expérience, Christine donne quelques conseils aux femmes qui aimeraient vivre l’expérience :

1- Faire pipi avant de faire l'amour

Je sais que ça a l'air un peu ridicule comme conseil, mais ça peu aider à se laisser aller. Au début quand on éjacule, on sent du liquide chaud sortir de soi. Si on n’est pas trop certaine de ce qui arrive, on pourrait penser qu'on est soudainement devenue incontinente! En faisant pipi juste avant d'avoir notre relation, on s'assure d'avoir l'esprit tranquille et d'être certaine que c'est notre fontaine qui est en action, et non pas notre vessie. Cela nous permettra de bien nous laisser aller.

 2- S'abandonner

Il faut se laisser aller. Ne pas penser à sa bedaine ni à la vaisselle qu'on a à faire le lendemain. Il faut faire confiance à l'autre, être profondément certaine qu'il n'aura pas son orgasme avant nous et qu'il ne nous laissera pas en plan. Ainsi, on va pouvoir se concentrer sur soi et s'abandonner totalement au plaisir que l'on ressent. Ça peut sembler un peu égoïste, mais mesdames, vous le méritez!

3- Trouver une position confortable

Difficile de se laisser aller quand on n'est pas confortable! Personnellement, je peux éjaculer seulement dans deux positions (sauf très rares exceptions): le missionnaire et la fille sur le dessus. Ça ne semble pas très exotique, mais c'est efficace.

4- Être prêts à ce que monsieur y mette du sien

J'ai besoin de stimulation vigoureuse pour pouvoir éjaculer. Il faut donc que monsieur y mette du sien et me pénètre pas mal fort et pas mal vite. En même temps, il faut que je sois certaine qu'il n'aura pas son orgasme en chemin... Parce que se faire laisser en plan pendant un orgasme «ordinaire», c'est frustrant, mais se faire laisser en plan pendant un orgasme de «femme-fontaine», c'est vraiment frustrant! De plus, les orgasmes de «femme-fontaine» sont différents des autres, et il est pratiquement impossible de stimuler mon point G autrement que par la pénétration pour avoir un orgasme comme celui-là... Ce qui veut donc malheureusement dire que si monsieur vient avant moi, pour moi, c'est game over!

 5- Il faut que ça dure

Pour pouvoir éjaculer, j'ai besoin de longues stimulations. Habituellement, j'ai un orgasme «ordinaire» après 20 minutes (ce qui est bien agréable, d'ailleurs). Mais si la pénétration continue, mon 2e orgasme aura de bonnes chances d'être un orgasme avec mon point G, donc plus intense, et qui me fera probablement éjaculer.

 6- Ne vous mettez pas de pression

Même si vous tenez à éjaculer, ne vous concentrez pas trop là-dessus. Je vous conseille de vous concentrer sur votre plaisir, d’avoir du fun au lit. L'éjaculation viendra peut-être, peut-être pas... mais au moins vous aurez du bon temps à le découvrir! Si vous vous concentrez trop sur l'éjaculation comme telle, vous ne pourrez pas vous laisser aller, et c'est certain que ça ne fonctionnera pas. 
 
Alors, essayerez-vous ? 

Références

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Nadielle Kutlu Nadielle Kutlu

Après des études en sciences politiques à Montréal et en France, un passage à l’ONU en Suisse et une maîtrise à l’Université Concordia, Nadielle Kutlu plonge dans le fabuleux monde du journalisme, notamment pendant 3 ans à La Presse. À travers ses reportages, une réalité lui saute rapidement aux yeux : le sexe mène le monde et le monde aime le sexe! Pour satisfaire sa curiosité (et la vôtre!), elle se penche sur ce sujet qui fascine hommes et femmes de tous les âges et de tous les milieux. Elle ose là où d’autres s’abstiennent, elle pose des questions là où d’autres se taisent, elle ouvre les yeux là où d’autres les ferment. Vous pensiez tout savoir sur la sexualité? Hum…!


Frédéric Khalkhal Frédéric Khalkhal

Frédéric Khalkhal a posé ses valises à Montréal il y a 5 ans. En France, il a été l’une des pierres angulaires de l’implantation du quotidien Metro à Toulouse. À Montréal, il a poursuivi son travail de journaliste en collaborant entre autres à L’actualité, Protégez-vous et Les Affaires. Curieux et passionné, il a complété des études en économie et politique, en droit, en anthropologie et en journalisme. Il assurera le remplacement de Nadielle Kutlu durant quelques mois, au cours desquels il compte explorer la sexualité d’un point de vue masculin, ce monde encore rempli de mystères, de tabous, d’idées reçues et de fantasmes.


Sophie Bienvenu Sophie Bienvenu

La petite Sophie Bienvenu voulait, plus tard, écrire des livres. Aujourd'hui âgée d'un mètre soixante-cinq, c'est donc ça qu'elle fait: Lucie le chien, paru chez Septentrion en 2006 et la série (K), publiée à La Courte Échelle en 2009. En attendant que son prochain roman, Et au pire, on se mariera (La Mèche, octobre 2011), soit adapté à Hollywood avec Ryan Gosling dedans, elle cherche à temps perdu un remède à la bêtise humaine, et s'improvise journaliste. Vous pouvez lire ses élucubrations sur le sexe ici, Entre deux ébats.


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