«Quand un couple a des enfants, il devrait faire attention à ne pas divorcer. C’est dévastateur pour les enfants», me lançait récemment une amie.
De là a découlé toute une conversation. Car je ne crois pas que tout soit si noir ou blanc. Oui, il faut faire des efforts, faire des sacrifices. Mais à un moment, quand il y n’y a plus rien à faire, il n’y a plus rien à faire.
Je ne parle même pas de ces couples qui passent leur temps à se disputer devant leurs enfants qui sont ensuite bien contents de voir leurs parents se séparer. Je voudrais plutôt parler d’enfants qui se retrouvent dans des situations plus malsaines.
Un de mes amis me racontait que son père, qui est toujours marié, a une maîtresse depuis 30 ans. C’est donc depuis son tout jeune âge que son père vit l’adultère avec la même amante. Sa mère est au courant et accepte. Lui aussi est au courant, depuis des années.
Ses parents ont décidé de rester ensemble probablement pour lui. Était-ce la bonne chose à faire ? Pas sûr. Voilà trois adultes qui ont agi comme des enfants. La mère n’a pas eu assez de courage pour dire à son mari «fout le camp», le père n’a pas eu assez de couilles pour laisser sa femme et refaire sa vie avec la femme qu’il aime, et la maîtresse n’a pas été capable de dire fermement à son amant : «C’est moi ou c’est elle». Ils ont préféré rester ensemble pour sauver les apparences et pour le soi-disant bien de l’enfant.
Trois vies adultes ont été vécues de travers. Mais voilà, ce sont des adultes. C’est leur problème. Malheureusement, le plus touché là-dedans, c’est mon ami, qui n’avait rien avoir dans ce triangle-là. Mais toute sa vie, alors qu’il habitait chez ses parents, il a vu son père quitter la maison familiale pour aller baiser ailleurs.
J’ai toujours trouvé que mon ami n’était pas très épanoui malgré la belle vie qu’il menait (bon boulot, bon salaire, belle maison, en couple, un enfant, plein d’amis).
D’ailleurs, il a de la difficulté à gérer ses relations amoureuses, même si ses blondes étaient belles, intelligentes et aimantes. Quant à sa mère, pour les fois où je l’ai vue, elle n’avait pas l’air d’une femme très heureuse, mais plutôt d’une femme aigrie, assez sèche.
Mon ami aurait-il été quelqu’un de beaucoup plus épanoui et heureux si ses parents avaient divorcé, plutôt que de vivre dans une telle atmosphère familiale ?
Car le divorce, contrairement à l’idée que certaines personnes ont, peut faire du bien à tout le monde… Les parents d’une très bonne amie à moi sont divorcés depuis qu’elle a 7 ou 8 mois. Depuis, sa mère est en couple depuis une vingtaine d’années et son père change de blonde à tous les 3 ou 4 ans.
Mais ses parents s’entendent à merveille. «C’est sûrement à cause de moi que mes parents ont décidé de rester en bons termes, mais avec les années, ils ont développé une belle amitié. Ils sont devenus de bons amis. Ils n’étaient tout simplement pas de bons amoureux», me confiait-elle.
Régulièrement, elle va au restaurant avec ses parents. Ils se retrouvent tous les trois, à rire devant un bon repas et elle assiste à leur complicité amicale. Elle passe tous ses Noël avec son père, sa mère et leurs conjoints respectifs. Mon amie est probablement une des personnes les plus équilibrées, les plus épanouies, les plus heureuses et joviales que je connaisse.
Autre exemple: les parents d’un autre ami se sont laissés pour une période de trois ans. Ils avaient trois enfants. Puis, ils sont revenus ensemble. La distance permet souvent de prendre du recul pour ensuite mieux choisir le chemin que l’on veut prendre.
Ce n’est pas facile de laisser quelqu’un. Encore moins lorsque ça fait des années qu’on est en couple. Encore moins lorsqu’il y a des enfants en jeu. Mais lorsqu’il n’y a plus d’amour, lorsqu’il n’y a plus d’intimité, plus rien, il faut être capable d’affronter la vérité. Personne n’en mourra.
Les parents devraient avoir un minimum de courage et de maturité pour ne pas faire endurer leurs histoires d’infidélités et de double vie à leurs enfants.